Association CRLH

Pour une Capitale normande Réfléchie
La parole aux Habitants

mercredi 25 mai 2016
Non, monsieur le Président, le siège du Conseil régional n’est pas que symbolique

L’association « pour une Capitale normande Réfléchie » a milité tout au long du second semestre 2015 pour que les institutions majeures de la Normandie soient équitablement réparties entre les capitales régionales, ceci dans un souci d’aménagement du territoire et de proximité géographique pour les Normands.

Hervé Morin, élu Président de la Normandie, a confirmé régulièrement son choix de Caen comme siège du Conseil régional, la préfecture de région étant à Rouen. Le Conseil régional se prononcera donc jeudi 26 mai sur, non pas le nom à donner à la Région puisque la Loi l’a déjà fixé : la Normandie, mais son siège : Caen. Mais en proposant que la moitié des six sessions annuelles du Conseil régional ne se tiennent pas à Caen (deux à Rouen et une au Havre), le Président Morin fait une entaille au contrat.

Il y a un mois, les rouennais ont relancé Intervilles en menaçant la Région de lui prendre, sur l’agglomération rouennaise, les compétences régionales que la Loi du 7 août 2015 permet d’attribuer à une métropole : il est vrai qu’ils comptaient fermement, si Nicolas Meyer-Rossignol avait été élu, monopoliser tout sur Rouen ; ils ont dès le 12 janvier pris une première revanche avec l’élection du président du Conseil économique, social et environnemental régional mais, en avril dernier, le choix de l’agglomération caennaise pour localiser l’agence de développement économique de Normandie les avait fâchés.

Pourtant, avec la préfecture de région et le secrétariat général pour les affaires régionales, cinq directions régionales des services extérieurs de l’Etat (2906 agents) contre trois à Caen (697 agents), mais aussi les sièges régionaux de la Caisse des Dépôts, de Pôle Emploi, de l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie et demain, de la Légion de gendarmerie, Rouen n’avait pas été oublié !

Ne parlons ni du Rectorat, ni de l’Agence Régionale de Santé, attribués à Caen : il y a aussi un recteur à Rouen et il commence à se savoir que l’ARS déménage de plus en plus de services sur Rouen.
Bien sûr, chacun dira que, comme pour la Région Normandie, les agents restent très majoritairement en place là où ils travaillaient déjà. Mais la tentation de tout décideur de regrouper ses troupes près de lui montrera ses effets au fur et à mesure des prochaines années, poussés qui plus est par la réduction des effectifs. Et n’oublions pas que la majorité des 3/5 nécessaire aujourd’hui pour regrouper en un même lieu préfecture de région, siège du Conseil régional et lieu de réunion des Assemblées ne sera plus nécessaire après les élections régionales de 2021...

Alors, non, la décision de fixer à Caen le siège du Conseil régional, que le Président Morin propose à son Conseil, ne relève pas « du pur domaine du symbole » : d’abord parce qu’il ne restera sans doute plus grand-chose à Caen dans une décennie, et surtout parce que le rôle de Caen comme « capitale politique » lui permettra de continuer à figurer encore sur la carte de France, même lorsque le sujet que cette carte illustrera, sera étranger au découpage administratif.